3 novembre 2026 Art de vivre, idées et curiosités
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Dormir dans un laurier plutôt que dans un trou d’arbre : comment les oiseaux économisent leur énergie la nuit

Haies, feuillages, cavités ou nichoirs : les oiseaux disposent de plusieurs refuges pour dormir au froid en limitant leurs pertes de chaleur. Le choix varie selon les espèces, et certaines abaissent aussi leur température corporelle pour ménager leurs réserves.

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Un rouge-gorge abrité dans le feuillage dense d’un laurier à la tombée du jour.

L'essentiel

  • La végétation peut suffire : tous les oiseaux ne dorment pas dans une cavité.
  • Ronces, lierre et lauriers offrent des refuges nocturnes à plusieurs espèces.
  • Un abri qui coupe le vent réduit l’énergie nécessaire pour rester chaud.
  • Certaines espèces abaissent aussi leur température corporelle pendant le sommeil.

Le feuillage accueille aussi les oiseaux pour la nuit

Où disparaît le rouge-gorge lorsque la lumière baisse ? Il peut simplement se cacher dans la végétation. Une branche entourée de feuilles constitue un lieu de repos possible, sans qu’il ait besoin de rejoindre un trou d’arbre. La haie que vous voyez depuis votre fenêtre peut ainsi accueillir la nuit des oiseaux observés pendant la journée.

Un suivi mené en Angleterre apporte un aperçu précis de ces choix. Entre janvier et mars 2022, dix oiseaux ont porté de petits émetteurs : des accenteurs mouchets, mais aussi des merles noirs, des rouges-gorges et des mésanges charbonnières. Publié en 2023 dans Bird Study, ce travail montre notamment que le repos nocturne ne passe pas systématiquement par une cavité.

Des refuges différents selon les oiseaux

Chez les merles suivis, les emplacements repérés comprenaient des ronces et des arbres habillés de lierre. Les deux rouges-gorges équipés préféraient surtout les lauriers pour dormir. Les mésanges observées se reposaient elles aussi dans la végétation. Ces observations décrivent les habitudes de ces individus : elles ne donnent pas à chaque espèce une adresse nocturne unique.

Les mésanges peuvent également rejoindre un nichoir ou une cavité. Au jardin, conserver plusieurs types de refuges permet donc de ne pas miser uniquement sur un abri fermé. Une végétation dense mérite autant votre attention. Pour prolonger cette réflexion autour de l’accueil du rouge-gorge au jardin, pensez aussi à ce que vos arbustes peuvent lui offrir une fois la nuit tombée.

Couper le vent réduit la dépense de chaleur

L’intérêt du refuge tient notamment à sa protection contre le vent. Dans un arbre creux, les parois font écran et la température peut être légèrement supérieure à celle de l’extérieur. L’oiseau perd alors moins de chaleur. Il doit en produire moins pour maintenir sa température corporelle, ce qui permet à ses réserves énergétiques de durer davantage.

L’économie peut être notable. Une étude parue dans The Condor en 1999 a examiné la mésange des genévriers et la mésange de Gambel. En hiver, leur dépense énergétique était réduite de 25 à 38 % dans une cavité, comparativement à un lieu exposé. Ces chiffres concernent les espèces étudiées, mais éclairent l’utilité d’un refuge protégé. Une haie dense ou un arbre creux participe ainsi à la préservation des réserves, un aspect à garder en tête pour les rouges-gorges face au froid.

Le corps peut aussi ralentir ses dépenses

L’abri n’est pas le seul levier. Certaines espèces laissent leur température corporelle diminuer de manière contrôlée pendant la nuit. Cette baisse réduit leur consommation d’énergie durant le sommeil, même si elles doivent ensuite se réchauffer au réveil. La protection du refuge et cette adaptation du corps contribuent donc toutes deux à ménager les réserves.

Une expérience publiée en 2011 dans Oecologia l’illustre chez la mésange bleue. Les chercheurs ont chauffé son abri tout en suivant sa température interne. Par temps froid, celle-ci diminuait moins dans le refuge réchauffé. Les oiseaux disposant de davantage de graisse conservaient aussi une température plus élevée. La façon de traverser la nuit dépend ainsi à la fois des conditions de l’abri et des réserves dont l’oiseau dispose.

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