TotalEnergies promet de passer sous le prix de Leclerc : la baisse du gazole tourne à la bataille des enseignes
Le déstockage des réserves stratégiques a lancé une concurrence sur le gazole, avec des baisses engagées dès le 31 octobre. Mais entre annonces nationales et tarifs affichés, toutes les stations ne suivent pas le même rythme.
L'essentiel
- Le gouvernement a mobilisé 10 millions de barils de gazole pour faire baisser les prix.
- E.Leclerc annonce 21 centimes de baisse ; TotalEnergies promet de battre un tarif Leclerc à 2,15 €.
- Au 3 novembre, les tarifs restent dispersés, avec une moyenne de 2,23 € dans le relevé disponible.
Les réserves stratégiques donnent le signal de départ
L’impulsion est venue de l’État. Le 12 octobre, le gouvernement a annoncé la mobilisation de 10 millions de barils de gazole provenant des réserves stratégiques françaises. Leur distribution doit s’étaler sur trois mois, en fonction des parts de marché de 2025. L’objectif annoncé pour les automobilistes : une économie de 12 à 18 centimes au litre à compter du 1er novembre.
Mais cette fourchette n’est pas une réduction uniforme imposée à chaque pompe. Le décret n° 2026-981 oblige les distributeurs achetant ces stocks à transmettre l’avantage obtenu aux clients, sans fixer de montant chiffré. La répercussion doit intervenir au plus vite dès le 1er novembre 2026 et être complète au plus tard le 31 mars 2027. Le montant de la baisse par litre doit être communiqué avant l’achat.
Ce calendrier réglementaire ne garantit donc pas un changement simultané de tous les panneaux. Serge Papin a indiqué, lors de son annonce, que plus de la moitié des stations avaient déjà réduit leurs tarifs. Le ministre du Commerce a aussi prévenu que la baisse annoncée de 12 à 18 centimes ne resterait valable que quelques semaines. L’échéance du décret ne constitue donc pas une promesse de prix durable.
TotalEnergies et Leclerc transforment la baisse en duel
Les enseignes ont saisi ce mouvement pour afficher leur compétitivité. TotalEnergies a proposé le litre à 2,15 € dans ses 705 stations Access dès le 31 octobre. Michel-Édouard Leclerc a, lui, annoncé une diminution de 21 centimes à partir du 1er novembre. Selon JeChange, 80 % des stations E.Leclerc avaient déjà appliqué cette réduction. Cette baisse du gazole chez E.Leclerc est devenue un argument central dans la concurrence.
Patrick Pouyanné a poussé la rivalité plus loin : si Leclerc affiche 2,15 €, TotalEnergies promet de proposer 2,14 €. Il s’agit d’un engagement conditionnel, pas d’un tarif déjà généralisé. En réponse, Michel-Édouard Leclerc a expliqué ne pas pouvoir suivre son concurrent à des niveaux aussi bas. La bataille porte désormais autant sur le prix final que sur l’ampleur de la remise annoncée.
Les écarts restent visibles d’une station à l’autre
Les affichages locaux montrent pourquoi ces deux mesures ne se confondent pas. À Saint-Grégoire, la station Leclerc proposait le gazole à 2,19 € après une réduction de 21 centimes TTC liée au déstockage. Une station TotalEnergies de l’avenue Charles Tillon affichait encore 2,25 €, tandis que celle de Super U, au centre commercial Grand Quartier, était à 2,40 €. Ces relevés illustrent une baisse inégalement visible selon les points de vente.
Le relevé du 3 novembre confirme cette dispersion. Sur 6 524 stations dont les prix avaient été actualisés depuis le 2 novembre, le flux public donnait une moyenne de 2,23 € pour le gazole. Il comptait encore 794 stations à 2,25 €, contre 367 à 2,15 € et 562 sous ce dernier seuil. Le prix de 2,15 € n’était donc ni un plancher ni un tarif commun.
Pour votre plein, retenez ainsi le prix réellement affiché plutôt que la seule baisse revendiquée par une enseigne. Une remise de 21 centimes ne suffit pas à désigner la station la moins chère : tout dépend du tarif de départ. Et la promesse de battre un concurrent ne remplace pas le montant demandé à la pompe.