Six rames sur Paris-Marseille : le TGV M transporte ses premiers voyageurs le 6 novembre après plus de deux ans de retard
Le TGV M a commencé son service commercial le 6 novembre 2026 entre Paris et Marseille, sans arrêt intermédiaire. Davantage de places, moins d’énergie consommée et une accessibilité améliorée : voici ce que cette nouvelle génération change à bord et pour la SNCF.
L'essentiel
- Le service débute le 6 novembre 2026 avec six rames sur la liaison directe Paris-Marseille.
- La montée en charge sera progressive pendant les premières semaines.
- Le TGV M propose 20 % de places supplémentaires et consomme 20 % d’énergie en moins.
- Sept autres rames sont attendues avant la fin de 2026.
Un lancement commercial après une longue phase de préparation
Cette fois, le TGV M accueille des voyageurs dans le cadre de son exploitation commerciale. Le premier trajet entre Paris et Marseille ne réunissait pas seulement des invités : des passagers voyageaient également aux côtés des médias et des VIP. Le lancement du 6 novembre marque donc le passage du train attendu au train utilisé.
Ce cap intervient après plus de deux ans de retard. Le parcours de préparation a été long : les essais ont démarré en République tchèque en décembre 2022, puis l’homologation finale française et européenne a été obtenue en mai 2026. Les circulations de rodage ont aussi mobilisé 1 600 clients mystères.
Six rames sont prévues au démarrage sur cet axe, sans desserte intermédiaire. Pour autant, SNCF Voyageurs organise une progression de l’exploitation pendant les premières semaines. L’arrivée du TGV M ne correspond donc pas à un remplacement immédiat de tous les trains entre les deux villes.
Plus de places et une composition adaptable
Pour vos déplacements, le changement le plus tangible tient à la capacité : 20 % de places de plus que dans son prédécesseur. C’est une réponse au manque de sièges lors des périodes de forte demande. Jean Castex souligne notamment les difficultés à accueillir tous les voyageurs pendant les week-ends et les grands départs.
Le M désigne aussi une logique de modularité. Ce train à deux niveaux peut compter huit ou neuf voitures. La place accordée à chacune des deux classes peut également évoluer en fonction des destinations et des saisons. La SNCF dispose ainsi d’une composition ajustable plutôt que d’un aménagement identique pour tous les usages.
L’accessibilité fait partie des évolutions à bord. Une plateforme élévatrice facilite l’accès des personnes en fauteuil roulant. Pour les voyageurs concernés, cette transformation touche directement les conditions d’embarquement, au-delà du nombre de sièges proposés.
Une batterie pour faire face aux coupures de courant
Autre nouveauté : une batterie permet au train de continuer à avancer en cas de perte d’alimentation électrique, notamment après une rupture de caténaire. Elle pourrait assurer un déplacement de 40 à 50 kilomètres à allure réduite. L’objectif n’est pas de maintenir la grande vitesse, mais de disposer d’une autonomie lorsque le courant manque.
Cette réserve peut également alimenter certaines fonctions pendant deux à trois heures. Elle apporte donc une capacité de secours, sans supprimer les contraintes liées à un incident sur le réseau. C’est l’un des changements techniques qui distinguent cette génération.
Un renouvellement du parc prévu jusqu’en 2032
Pour la SNCF, l’enjeu porte aussi sur les dépenses d’exploitation. Le TGV M consomme 20 % d’énergie en moins. L’entreprise annonce par ailleurs une diminution de 30 % des frais de maintenance, avec le recours à la maintenance prédictive. Transporter davantage de personnes tout en réduisant ces besoins constitue un changement industriel majeur.
Environ 160 exemplaires ont été commandés à Alstom. Après les six premières rames, SNCF Voyageurs doit en recevoir sept supplémentaires avant la fin de 2026. Le calendrier prévoit ensuite une livraison mensuelle jusqu’en 2032 : le lancement parisien et marseillais ouvre ainsi un déploiement appelé à durer plusieurs années.