Le gazole baisse dans 6 600 stations : les stocks stratégiques allègent les pleins, mais pas partout au même rythme
La vente de gazole des réserves stratégiques commence à réduire les tarifs, avec une baisse moyenne estimée à 15 centimes par litre par Roland Lescure. Les livraisons et une avance de trésorerie de l’État doivent aider cette baisse à gagner davantage de stations.
L'essentiel
- Le déstockage a démarré le 1er novembre, avec 10 millions de barils destinés aux distributeurs.
- Roland Lescure annonce des prix en recul dans 6 600 stations sur 10 000.
- La baisse moyenne annoncée atteint 15 centimes par litre ; 3 000 stations dépassent 20 centimes.
- Les livraisons doivent étendre le mouvement, notamment aux petites stations.
Des réserves vendues à prix coûtant pour réduire les tarifs
Le levier choisi par le gouvernement se situe avant la pompe : fournir aux distributeurs du gazole provenant des réserves stratégiques, vendu à prix coûtant. Le programme porte sur 10 millions de barils, répartis sur trois mois, de novembre à janvier. Lancé le 1er novembre, il commence à se traduire sur les panneaux des stations-service.
La progression se lit dans les annonces ministérielles. Le 3 novembre, Serge Papin, ministre du Commerce, faisait état de 6 000 stations ayant réduit leurs tarifs, avec un recul moyen de 12 centimes. Le bilan communiqué par Roland Lescure porte sur 6 600 stations et une baisse moyenne de 15 centimes. Le mouvement s’élargit donc, sans être uniforme.
Un autre repère permet de mesurer le changement : le 4 novembre au matin, le gazole coûtait en moyenne 2,25 euros le litre, d’après le calcul de l’AFP portant sur 8 902 stations. Ce prix national reste toutefois une moyenne, pas le tarif que vous trouverez nécessairement près de chez vous. Pour suivre un réseau particulier, retrouvez aussi la baisse du gazole chez E.Leclerc.
Un gain plus marqué dans 3 000 stations
Les automobilistes qui profitent le plus du dispositif sont ceux qui font leur plein dans les stations où le recul est le plus fort. Selon Roland Lescure, 3 000 stations sur 10 000 affichent une diminution supérieure à 20 centimes par litre. Ce groupe se distingue nettement de la baisse moyenne annoncée à 15 centimes.
Sur 45 litres, une réduction de 20 centimes représente 9 euros économisés. C’est l’ordre de grandeur mis en avant par le ministre, qui évoque près de 10 % de baisse. Attention à ne pas confondre cet exemple avec le gain associé à la moyenne de 15 centimes : celle-ci représente 6,75 euros pour le même volume. Votre économie dépend donc du recul réellement appliqué par la station choisie.
Comparer les tarifs garde ainsi tout son intérêt avant de remplir le réservoir. L’annonce nationale ne promet pas une remise identique à chaque adresse. Les écarts entre réseaux constituent également un sujet distinct, abordé dans notre article sur le gazole chez TotalEnergies et Leclerc.
Les livraisons et la trésorerie règlent le rythme de diffusion
Pourquoi certaines pompes tardent-elles à suivre ? Roland Lescure explique que la réduction des prix accompagne l’arrivée du gazole déstocké. Les petites stations peuvent être livrées après les autres. Leur calendrier d’approvisionnement contribue donc au décalage observé, même si certaines ont déjà commencé à diminuer leurs tarifs.
Pour éviter que l’attente d’une livraison bloque toute baisse, l’État propose une avance de trésorerie sous forme de prêt à taux zéro. Une station peut ainsi réduire son prix avant de recevoir le carburant moins cher. Elle rembourse ensuite l’avance lorsque ces stocks lui sont parvenus : le dispositif permet d’anticiper l’effet de l’approvisionnement.
La période de novembre à janvier est celle prévue pour les ventes de réserves aux distributeurs, et non une date unique de changement des prix dans toutes les stations. Pour votre prochain plein, le repère utile reste donc le tarif affiché localement : la baisse a commencé, mais son ampleur et son arrivée dépendent encore de chaque point de vente.