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Violences des 17 et 18 octobre : banques, tourisme et dette française ont payé la note en Bourse

Les violences des 17 et 18 octobre ont ravivé la méfiance envers les actifs français : le lundi 19 octobre, le CAC 40 a cédé 1,23 % et le taux d’emprunt à dix ans a approché 4,9 %. Banques, foncières commerciales et hôtellerie ont figuré parmi les plus touchées, pendant que les commerçants évaluaient les dégâts.

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Vitrine endommagée d’un commerce fermé, sous une lumière matinale.

L'essentiel

  • Le lundi 19 octobre vers 09h40, le CAC 40 abandonne 1,23 %, à 7.858,64 points.
  • Le rendement de la dette française à dix ans se rapproche de 4,9 % dans la matinée.
  • Les trois grandes banques françaises perdent chacune plus de 2 %.
  • Plus de 2.000 commerces seraient touchés, d’après l’estimation de CCI France.

Une ouverture en baisse après les violences

Le répit du vendredi 16 octobre n’aura pas tenu le week-end. Après avoir terminé cette séance à 7.956,70 points, en progression de 0,28 %, le CAC 40 repart nettement dans le rouge le lundi 19 octobre au matin. Vers 09h40, il tombe à 7.858,64 points. Autour de 10 heures, son recul atteint environ 1,3 %. La défiance touche à la fois les actions françaises et les emprunts de l’État.

Les manifestations des 17 et 18 octobre ont été accompagnées de pillages et de destructions dans le pays. Les autorités font état d’environ 2.400 interpellations, ainsi que de près d’un millier de blessés parmi les policiers et les gendarmes. Pour les marchés, ces violences ajoutent une inquiétude immédiate à un climat déjà fragile. Depuis janvier 2026, l’indice parisien a perdu plus de 3 %, quand le Stoxx 600 a progressé de plus de 8 %.

La dette française subit elle aussi le contrecoup

La tension ne se limite pas aux écrans de la Bourse de Paris. Le 19 octobre à 09h30, le rendement français à dix ans atteint 4,85 %, pendant que son équivalent allemand descend à 3,41 %. Dans la matinée, le taux français est ensuite signalé autour de 4,9 %. L’écart avec l’Allemagne se situe ainsi autour de 144 à 145 points de base, contre environ 137 le vendredi précédent : des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis 2012.

Les stratèges de Deutsche Bank considèrent que les violences compliquent l’achat d’obligations françaises par les investisseurs internationaux. Leur analyse porte sur un risque supplémentaire, venu du week-end, alors que les préoccupations budgétaires et politiques étaient déjà présentes. Le calendrier rapproche encore ces tensions : les députés devaient se prononcer le mardi 20 octobre sur les recettes du budget 2027. La secousse est donc intervenue juste avant ce vote.

Banques et valeurs liées au tourisme dans le rouge

Du côté des banques, le recul est groupé. Société Générale perd 2,16 %, Crédit Agricole cède 2,13 % et BNP Paribas abandonne 2,08 %. Ces baisses boursières sont les premières manifestations visibles de la défiance dans le secteur. Elles ne constituent pas, à elles seules, une mesure de pertes opérationnelles provoquées par les violences.

Les valeurs liées aux déplacements, à l’accueil des visiteurs et aux commerces sont également sous pression. Accor recule de 2,84 %, tandis qu’Unibail-Rodamco-Westfield perd 3,05 %. Stellantis figure aussi parmi les plus fortes baisses, avec un repli de 3,20 %. Le mouvement dépasse donc les seules banques : plusieurs grandes entreprises cotées subissent cette matinée de méfiance envers les actifs français.

Pour les commerces, des dégâts déjà estimés en centaines de millions

Dans les rues commerçantes, les conséquences ne se résument pas à un cours de Bourse. CCI France estime que les violences toucheront plus de 2.000 commerces. La Fédération du commerce et de la distribution chiffre, de son côté, les dommages à plusieurs centaines de millions d’euros. Ces évaluations donnent une première mesure économique des pillages et des destructions.

Le dimanche 18 octobre au soir, Emmanuel Macron a promis un soutien aux commerçants confrontés à ces difficultés. Aucune aide précise n’a toutefois été annoncée à cette occasion. Pour les professionnels concernés, l’engagement politique ne permet donc pas encore de connaître les modalités d’un accompagnement, tandis que les premières estimations des dégâts circulent déjà.

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