GiFi préparerait une protection judiciaire, sans fermeture annoncée à ce stade
GiFi serait en cessation de paiements et préparerait une demande de protection judiciaire. Magasins, emplois, cartes cadeaux et commandes : les conséquences dépendront de la procédure éventuellement ouverte.
L'essentiel
- GiFi préparerait une demande de protection auprès du tribunal de commerce de Toulouse.
- Aucune fermeture de magasin n’est annoncée à ce stade.
- L’enseigne compte 513 magasins en France et près de 6 000 salariés.
- Cartes cadeaux et commandes payées pourraient changer de statut si une procédure collective est ouverte.
Une demande de protection se préparerait après le changement de direction
GiFi serait en cessation de paiements, d’après les informations attribuées à Sud Ouest, et préparerait une demande de protection judiciaire à Toulouse. Cette situation correspond à une difficulté précise : la trésorerie disponible ne permet plus de payer les dettes arrivées à échéance. Elle ne signifie pas, à elle seule, que les magasins vont fermer. Il faut distinguer la difficulté financière de l’entreprise des décisions que pourrait prendre le tribunal.
Le mouvement intervient après la nomination de Patrick Puy à la présidence du directoire, le 12 octobre. Une réunion extraordinaire des représentants du personnel est également annoncée pour présenter la procédure envisagée. Son calendrier est donné au 20 octobre dans Pause Maison Ouest France et au 21 octobre 2026 dans Marie-France. Ce rendez-vous doit permettre aux salariés d’en savoir davantage sur la suite, alors que l’ouverture d’une procédure reste évoquée au conditionnel.
La trésorerie fragilisée malgré les apports financiers
La situation s’inscrit dans des difficultés déjà anciennes. Une conciliation a débuté en février 2024, avant son homologation en mai de la même année. La maison mère avait alors apporté environ 100 millions d’euros en compte courant. En 2025, les principales banques créancières auraient pris environ 40 % du capital, avec un effacement partiel de la dette et une injection proche de 100 millions d’euros.
Ces interventions n’auraient pas suffi. Pour 2025, le chiffre d’affaires approcherait un milliard d’euros, mais les pertes seraient proches de 100 millions. Les banques auraient ensuite refusé un financement supplémentaire de 50 millions d’euros, laissant à l’entreprise à peine trois mois de trésorerie. À ces tensions s’ajoutent les perturbations des stocks et des approvisionnements liées à un outil informatique déployé à partir de 2023, ainsi que la concurrence d’Action et de plateformes comme Temu.
Magasins et salariés face à des scénarios très différents
Pour les 513 magasins français et les quelque 6 000 salariés, la nature de la procédure sera déterminante. Une sauvegarde ou un redressement cherche à préserver l’activité. Dans un redressement judiciaire, les boutiques restent généralement accessibles durant la période d’observation. Un passage devant le tribunal ne se traduit donc pas automatiquement par des rideaux baissés : vous pouvez avoir un magasin ouvert alors que l’entreprise fait l’objet d’une procédure.
Les salaires dus bénéficient, en principe, du régime de garantie des salaires. Le scénario d’une liquidation immédiate aurait des conséquences bien différentes : des fermetures rapides et des licenciements économiques massifs pourraient alors intervenir. Ce n’est toutefois pas une fermeture annoncée aujourd’hui. Dans les prochains jours, l’enjeu sera de connaître la démarche effectivement engagée et les décisions judiciaires éventuelles, plutôt que d’assimiler tous ces scénarios.
Cartes cadeaux et commandes dépendront aussi des décisions à venir
Côté clients, une boutique ouverte ne garantit pas que toutes les conditions resteront identiques. Si une procédure collective s’ouvre, une carte cadeau ou un bon d’achat encore inutilisé devient une créance. GiFi peut continuer à les accepter, sans y être obligée. Le point à surveiller sera donc leur maintien comme moyen de paiement : leur utilisation et le fonctionnement des magasins sont deux questions distinctes.
Pour une commande payée mais pas encore livrée, la poursuite du contrat dépendra de l’administrateur. Si celui-ci ne le poursuit pas, vous deviendrez vraisemblablement créancier, avec de faibles perspectives de remboursement pour une créance non privilégiée. L’ouverture éventuelle d’une procédure ne permet donc pas, à elle seule, de connaître le sort de chaque commande. La décision sur les contrats sera aussi importante, pour les clients concernés, que celle sur la continuité des magasins.