Deux pensions dans un même foyer : pourquoi le plafond prévu pour 2027 peut peser davantage sur les couples
Le plafond envisagé pour l’abattement de 10 % serait partagé par tout le foyer fiscal, et non accordé à chaque retraité. Les simulations montrent pourquoi une pension plus élevée ou deux pensions réunies peuvent changer l’effet de la réforme sur votre impôt.
L'essentiel
- Le projet prévoit de limiter à 3 000 € l’abattement de 10 % sur les pensions.
- Ce maximum serait commun à l’ensemble du foyer fiscal.
- Les estimations à 2 000 € et 2 500 € de pension mensuelle montrent un impôt en baisse.
- À 3 000 € mensuels, l’estimation fait apparaître une hausse ; les couples peuvent être concernés avec des pensions individuelles plus modestes.
Le plafond limite la déduction, pas le montant de l’impôt
Pour comprendre le changement envisagé, il faut séparer deux montants : votre pension et la somme retranchée pour calculer votre revenu imposable. L’abattement de 10 % agit sur cette seconde étape. Ce n’est pas une réduction de 10 % de votre impôt. Son plafonnement limite donc la part des pensions qui peut être déduite.
Le projet pour 2027 prévoit un maximum de 3 000 €. Tant que le calcul des 10 % reste sous cette limite, le nouveau plafond ne réduit pas la déduction. En revanche, lorsqu’il la dépasse, une partie de la pension qui aurait été retranchée reste dans le revenu imposable. C’est ce mécanisme qui peut faire monter la facture fiscale.
À 2 000 € ou 2 500 € par mois, les estimations restent favorables
Avec une pension mensuelle nette de 2 000 €, le nouveau maximum ne serait pas atteint. L’estimation présentée fait passer l’impôt de 476 € pour 2026 à 414 € pour 2027, soit 62 € de moins. Ce profil ne subirait donc pas de perte liée au plafonnement annoncé. Il ne faut toutefois pas lire cette baisse comme un avantage créé par la limitation de l’abattement.
Pour 2 500 € nets mensuels, l’impôt estimé reculerait également : de 1 338 € à 1 281 €, soit une différence de 57 €. À ce niveau de pension, les 10 % représentent 3 000 € sur l’année. Le montant rejoint donc le maximum envisagé, sans le dépasser. Ces exemples donnent des repères, pas un montant garanti pour chaque foyer ayant la même pension.
À 3 000 € mensuels, une partie de la déduction disparaîtrait
Le basculement apparaît dans l’exemple d’une pension de 3 000 € par mois. Avec les règles actuelles, l’abattement retenu serait de 3 600 €. Il serait ramené à 3 000 € avec le plafond projeté. La différence atteint 600 € : cette somme ne serait plus déduite du revenu servant au calcul de l’impôt.
Cela ne veut pas dire 600 € d’impôt supplémentaire. Dans la simulation, l’impôt passerait de 2 824 € en 2026 à 2 859 € en 2027, soit une hausse de 35 €. La distinction compte pour votre budget : la perte d’abattement et la hausse d’impôt ne sont pas équivalentes. Ici, le retraité serait perdant, mais d’un montant bien inférieur à la déduction supprimée.
Pour un couple, les deux pensions consommeraient le même plafond
Le point décisif pour les couples est l’échelle du calcul. Le maximum de 3 000 € s’appliquerait au foyer fiscal entier : il ne serait pas attribué séparément à chacun. Vous ne pourriez donc pas additionner deux plafonds parce que vous percevez deux retraites. Examiner uniquement votre pension personnelle risquerait de masquer l’effet de la mesure.
Ainsi, un couple dont chaque membre reçoit plus de 1 250 € par mois serait concerné par la limitation. Deux pensions individuellement modestes peuvent donc franchir ensemble le seuil, contrairement à une pension seule du même montant individuel. Pour situer votre foyer, regardez d’abord le total des pensions déclarées ensemble, puis comparez l’abattement de 10 % au maximum envisagé. Le projet ne permet pas d’assimiler automatiquement chaque dépassement à une hausse identique d’impôt.