24 octobre 2026 Art de vivre, idées et curiosités
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Des chercheurs relient traumatismes infantiles et procrastination : pourquoi tout remettre à plus tard n’est pas forcément de la paresse

Remettre une tâche à plus tard peut être lié à une anxiété durable et à des difficultés d’autorégulation associées aux traumatismes infantiles. Une étude publiée en 2025 aide à comprendre ce lien, sans prouver une relation de cause à effet.

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Une personne assise à son bureau, les mains près d’un carnet ouvert.

L'essentiel

  • Une étude parue en 2025 associe les traumatismes infantiles à davantage de procrastination.
  • L’anxiété durable et un auto-contrôle plus faible expliquent une partie de cette association.
  • L’évitement et l’hypervigilance peuvent éclairer certains blocages, sans constituer un diagnostic.
  • Les résultats ne prouvent pas que les traumatismes causent les différences cérébrales observées.

Reporter une tâche ne révèle pas, à lui seul, un manque de volonté

Un dossier reste fermé, une démarche attend, le travail ne commence pas. Vu de l’extérieur, le jugement arrive vite : il suffirait de s’y mettre. Pourtant, le même comportement peut recouvrir des difficultés différentes. Les travaux publiés en 2025 dans NeuroImage invitent à regarder au-delà du retard lui-même, en examinant ses liens avec les expériences difficiles vécues pendant l’enfance.

À l’Université Southwest, en Chine, Luo Xu, Tingyong Feng et leurs collègues ont étudié 1 189 étudiants sans diagnostic psychiatrique majeur. Leurs questionnaires portaient sur les traumatismes infantiles, mais aussi sur l’anxiété de trait, l’auto-contrôle et la procrastination. Plus les scores de traumatismes étaient élevés, plus la tendance à remettre les tâches à plus tard était marquée. Ce résultat décrit une association, pas une règle applicable à chaque personne.

L’anxiété et l’autorégulation éclairent une partie du blocage

L’analyse fait ressortir deux éléments : une anxiété de trait plus élevée et un auto-contrôle plus faible expliquaient une partie du lien observé. L’anxiété de trait désigne une tendance durable à éprouver de l’anxiété, plutôt qu’une inquiétude limitée à une situation. L’auto-contrôle concerne ici la capacité à réguler ses réactions et ses comportements. Réduire ces difficultés à de la paresse fait disparaître cette dimension psychologique.

L’évitement offre ainsi une autre grille de compréhension : ne pas commencer peut s’inscrire dans une difficulté à faire face, et pas seulement dans une absence d’envie. Cela ne signifie pas que tout retard relève d’un traumatisme. Cela invite plutôt à distinguer ce que vous constatez — une tâche repoussée — de l’explication que vous lui donnez. L’étude ne permet pas de reconstituer le mécanisme propre à chacun.

L’hypervigilance aide à comprendre la place prise par l’alerte

Après une enfance difficile, l’attention peut rester tournée vers les signes de tension chez les autres. Surveiller leur humeur avant de se détendre illustre cette vigilance. Ce fonctionnement peut passer pour de l’attention ou du calme, alors qu’il évoque une difficulté à relâcher l’alerte. Il donne un contexte psychologique à certains comportements, sans permettre, à lui seul, de reconnaître un passé traumatique.

L’étude de 2025 apporte un éclairage complémentaire par l’imagerie cérébrale au repos. Les chercheurs ont examiné les connexions fonctionnelles entre 268 régions. Ils décrivent notamment des connexions moins fortes dans des zones participant au contrôle descendant, dont le cortex préfrontal, et davantage de connexions entre les régions visuelles, le cervelet et le réseau de saillance. Ces observations ne démontrent toutefois pas que l’hypervigilance provoque la procrastination.

Des résultats utiles pour comprendre, pas pour s’auto-diagnostiquer

Les réseaux frontopariétal et de saillance occupent une place notable dans les résultats. Le modèle élaboré sur un premier groupe de 760 participants a ensuite été testé auprès de 429 autres étudiants : un motif de connectivité lié aux traumatismes y a été retrouvé. Cette validation renforce l’intérêt de l’observation, mais ne transforme pas une image du cerveau en explication individuelle de vos difficultés.

Les liens mesurés restent modestes. L’échantillon concerne de jeunes adultes en bonne santé, et les souvenirs de traumatismes ont été recueillis par auto-questionnaires. Surtout, l’étude est transversale : elle n’établit pas l’enchaînement causal entre enfance, fonctionnement cérébral et procrastination. Si vous repoussez régulièrement une tâche, ce seul comportement ne suffit donc ni à conclure à la paresse, ni à déduire un traumatisme.

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